Saint Anselme de Cantorbery

Pourquoi fêtons-nous Saint Anselme de Cantorbery le 21 avril ?

Histoire de Saint Anselme de Cantorbery (1033 – 1109) : Evêque et docteur de l’Eglise

Anselme naît dans une famille noble des Alpes italiennes. Son père, un homme violent, lui refusent refuse l’autorisation d’entrer en religion. A l’âge de 23 ans, fuyant l’oppression paternelle, Anselme traverse et parcourt la Bourgogne et la Normandie. Quatre ans plus tard, il se soumet à la règle de saint Benoît à l’abbaye  normande du Bec, dont il devient l’abbé en 1078. Sous son autorité, l’abbaye devient un foyer d’érudition dont la renommée s’étend sur tout l’Europe. Anselme assoit sa réputation de maître de la philosophie chrétienne tout en affirmant l’indépendance de l’abbaye face à son évêque.

Les liens qu’il a noués avec les bénédictins d’Angleterre lui valent d’être considéré, en 1089, comme le successeur naturel de Lanfranc sur la chaire archiépiscopale de Cantorbéry. Il est empêché d’y accéder par le roi Guillaume II, qui voit dans la mort de Lanfranc une chance de s’emparer des revenus de l’archevêché. En 1092, Anselme se rend en Angleterre et engage de longues discussions avec le monarque.

Celui-ci consent finalement à la restitution des terres confisquées et à la nomination d’Anselme.

Un prélat indépendant

Apôtre inlassable de la réforme de l’Eglise, défenseur des droits et intérêts de son archevêché, Anselme contrarie l’ambition du souverain d’imposer sa loi à l’Eglise. Le conflit prend de telles proportions qu’il se voit bientôt présenter un ultimatum : l’exil ou la soumission totale. Anselme choisit l’exil, en Normandie, et les biens de l’archevêché sont aussitôt saisis.

A la mort de Guillaume, en 1100, son successeur Henri Ier invite Anselme à rentrer en Angleterre, mais ce dernier s’élève à nouveau contre la prétention du roi à investir lui-même les évêques. Consulté, le pape tranche en faveur d’Anselme, provoquant la fureur d’Henri.

Le saint est à nouveau contraint de s’exiler, mais ses menaces d’excommunication impressionnent le souverain, qui organise une conciliation au château de l’Aigle, en Normandie. Anselme insiste pour faire ratifier leur accord par le pape avant de rentrer en Angleterre et parvient à arracher d’autres concessions au roi, qui accepte ecclésiastiques saisis par Guillaume.

Ces engagements, énoncés dans le concordat de Londres en 1107, contribuent de façon décisive à renforcer les droits de l’Eglise au pouvoir royal.

Le philosophe et le théologien

Au-delà de sa défense résolue des prérogatives de l’Eglise, Anselme reste tout dans les mémoires comme le père de la philosophie scolastique. Partisan d’appliquer la raison à la compréhension du dogme, il s’efforce d’apporter la preuve de l’existence de Dieu. Dans De veritate (De la vérité), il soutient que toute chose tient son essence et sa qualité de Dieu en tant que source de toute vérité. Dans le Monologion, il décrit la divinité comme le souverain bien, dont l’existence est elle-même la condition préalable de la réalité de ces valeurs. Dans le Proslogion, il développe son célèbre « argument ontologique » : Dieu, dit-il, doit être pensé comme « quelque chose de tel que rien ne se peut penser de plus grand ». La raison étant plus grande que l’intelligence, l’être ainsi pensé existe nécessairement dans la réalité et non pas seulement dans l’intelligence, car s’il en était autrement il serait impossible de penser quelque chose de plus grand en 1734.

Fête : 21 avril
Etat : évêque et docteur de l’Eglise
Naissance : 1033 à Aoste (Italie)
Mort :  1109 à Cantorbéry (Angleterre)
Date de canonisation : 1492
Patronage :