Sainte Marie l’Egyptienne

Pourquoi fêtons-nous Sainte Marie l’Egyptienne le 3 avril ?

Histoire de Sainte Marie l’Egyptienne (344 – 421) : pénitente et ermite

 

Ce que nous savons de Marie l’Egyptienne, pénitence et ermite illustre, nous vient du récit qu’en a laissé saint Sophrone, patriarche de Jérusalem au Vie siècle. La piété tardive de Marie prend d’autant plus de relief qu’elle succède à une jeunesse de débauche. Née en Egypte, Marie s’enfuit du foyer familial à 12 ans pour aller vivre dans la grande cité cosmopolite d’Alexandrie, où elle s’adonne à la prostitution. Après dix-sept années de cette existence, elle se joint à des pèlerins qui se rendent à Jérusalem pour la fête l’Exaltation de la Sainte Croix. Son intention n’est pas d’accomplir un acte de foi, mais d’entraîner dans la luxure ses compagnons de voyage. Elle paie la traversée en leur offrant ses faveurs. A son arrivée devant la porte de l’église du Saint-Sépulcre de Jérusalem, une force mystérieuse la retient en arrière. Comprenant que c’est son impureté qui lui interdit l’accès du sanctuaire, elle implore le pardon de la Vierge, elle entend une voix lui dire : « Si tu passes le Jourdain, tu y trouveras le repos. » Elle se hâte vers un monastère dédié à saint Jean Baptiste, au bord du fleuve, où elle reçoit l’absolution et la communion. Le lendemain matin, elle traverse le fleuve avec trois pains pour toute nourriture et décide de passer le reste de sa vie en ermite dans le désert.

Une rencontre dans le désert

Devenue vieille, Marie rencontre saint Zosime de Palestine, venu jeûner et méditer dans le désert pendant le temps du carême. Nue, hirsute, extrêmement maigre, elle offre une apparence à peine humaine, et semble cependant connaître Zosime. Se couvrant du manteau qu’il lui tend, elle lui raconte l’histoire de sa vie, puis lui demande la grâce de venir lui porter la communion sur le bord du Jourdain le jeudi saint de l’année suivante. Le jour venu, apercevant Zosime sur la rive opposée, elle le rejoint en marchant sur les eaux. Elle lui demande de revenir dans le désert lors du prochain carême, à l’endroit même de leur première rencontre. Lorsque  Zosime s’y rend, il la trouve morte, le corps sans corruption. Dans le sable, au-dessus de sa tête, il est écrit qu’elle est morte le soir même du jour où il lui a porté la communion et a été miraculeusement transportée dans sa retraite du désert. Zosime demande l’aide d’un lion pour l’enterrer, puis rentre au monastère et raconte aux frères l’histoire de la pénitente.

Des reliques de la sainte sont vénérées à Rome, Naples, Crémone et Anvers. Une chapelle lui est dédiée dans l’église du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Son hagiographie est parfois considérée comme une variante locale de celle de Marie-Madeleine (22 juillet), avec laquelle elle partage une certaine ressemblance.

 

Fête : 3 avril
Etat : Ermite
Naissance : 344 (Egypte)
Mort : 421 (Sinai)
Date de canonisation : avant 1588
Patronage :